Mazan

Après deux ans de pandémie Covid-19 et notre dernière sortie le samedi 7 mars 2020 pour la visite avignonnaise de l’Hôtel Forbin de Sainte-Croix, actuelle résidence du préfet de Vaucluse, nous sous sommes retrouvés près d’une cinquantaine de membres par une journée printanière et chaude à Mazan, joli village du Comtat Venaissin, sous le triple thème du patrimoine, de la gastronomie et de l’histoire, qui est en fait l’objet fondateur de l’association Mémoire.

Patrick ZambelliCette belle journée riche en découvertes, a débuté par la visite de l’atelier de plâtrerie de Patrick Zambelli sur la route de Pernes-les-Fontaines. Cette entreprise, labellisée Entreprise du patrimoine vivant, a été créée en 1929 par le père de Patrick Zambelli. Ce dernier, maître artisan en métiers d’art, plâtrier, staffeur, nous a présenté son atelier de création, de conception et de fabrication de pièces en staff. Artiste intarissable, il nous fait partager sa passion pour son métier et les soucis que rencontre la profession. Patrick Zambelli intervient sur des chantiers dans toute l’Europe, sans oublier le palais des papes d’Avignon et la Maison de vie située à Carpentras, soutenue par la princesse Stéphanie de Monaco.

Après ces deux heures consacrées au patrimoine, nous sommes allés déjeuner au restaurant L’Oulo, accueillis par Florence Maillaud et son équipe de salle. Un menu encore de découvertes aux saveurs provençales a éveillé nos papilles. A la fin du repas, le chef Frédéric Millaud, a été félicité par notre président, Daniel Morin, et applaudi par les convives.

Après cette pause gourmande, nous voici partis pour le cimetière de Mazan, célèbre pour ses sarcophages dits gallo-romains et la chapelle Notre-Dame de Pareloup. C’est sous la conduite de Fabienne, guide-conférencière de la Cove (communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin) que nous découvrons ces pépites du patrimoine. Ces sarcophages étaient 164 à l’origine. Ils ne sont que 66 actuellement, servant de bordure au côté nord du cimetière donnant un magnifique point de vue sur le Mont Ventoux. Ces tombeaux mérovingiens du Vème et VIème siècles sont en parfait état de conservation et sur certains on peut remarquer une croix ou un instrument aratoire.

La chapelle Notre-Dame de Pareloup du XIème siècle, de style roman provençal, a subi de nombreux remaniements au cours des siècles. Un grand Christ en mélèze orne le chœur de la nef tandis que sur le côté droit on peut voir une statue en plâtre de Notre-Dame de Pareloup, maîtrisant un loup à ses pieds, patronne de cette chapelle.

On peut y voir au mur supérieur des fresques du XVIIème siècle. Elle fut église paroissiale jusqu’en 1324 et au XVème siècle, elle prend le nom de Notre-Dame du Puy.

Nous nous sommes séparés à regret, ravis et enchantés par cette journée de « Mémoire » mazanaise qui a permis de resserrer les liens entre les adhérents et exprimant le désir de se retrouver très bientôt pour découvrir encore d’autres beaux sites qui font la richesse du département de Vaucluse.

 

 

 

visite de l’Hôtel Forbin de Sainte Croix Résidence privée du préfet de Vaucluse

En ce temps d’élections, l’association Mémoire a proposé à ses adhérents comme première sortie de l’année 2020, une visite tout à fait exceptionnelle de l’Hôtel Forbin de Sainte Croix, ancienne préfecture de Vaucluse de 1800 à 2008, aujourd’hui résidence privée du préfet de Vaucluse.
Cet Hôtel particulier du XVIIIème siècle fut bâti autrefois sur les lieux d’une ancienne livrée cardinalice dite de Poitiers.
C’est Monsieur Bertrand Gaume, préfet de Vaucluse, entouré de son épouse, du secrétaire général de Vaucluse et son directeur de cabinet, qui nous a fait l’insigne honneur de nous accueillir et de nous servir de guide pour la visite de « ce lieu de pouvoir et de décisions » inscrit partiellement à l‘inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Ce moment privilégié a permis aux adhérents de découvrir et d’admirer -entre autres- l’escalier d’honneur, les chambres des « ministres » dont la chambre Thatcher (la Première ministre britannique y a séjourné en 1984). Le bureau du préfet, la salle de réunion, le salon empire, le salon louis XVI et la galerie Eugénie, en souvenir du séjour de l’impératrice les 7 et 8 septembre 1860.
A l’issue de cette découverte, autour d’un verre, Daniel Morin, président de Mémoire, a offert en remerciements des livres de l’association à Monsieur le préfet et un bouquet de fleurs à son épouse.

les santons provençaux et l’Arles antique

Pour sa dernière sortie de l’année, l’association Mémoire n’a pas failli à la tradition calendale en consacrant une journée à la découverte des santons provençaux et de l’Arles antique.
Cette journée hivernale restera longtemps gravée dans les esprits de la quarantaine de participants du fait que déjà ce jeudi 5 décembre était un jour de grève générale pouvant entraîner quelques soucis de voyage et de stationnement. Mais miracle, tout s’est bien passé du côté « jeudi noir ».

C’est sur les marches de l’amphithéâtre romain que nous nous sommes retrouvés pour aller visiter le conservatoire du santon provençal, inauguré en 2017. Dans une maison du XVIIIème siècle en bordure des arènes, nous avons été accueillis par Jacques Lapierre, président du conservatoire, et Henri Vezolles, maître santonnier et créateur de ce conservatoire. Ces « deux retraités heureux et passionnés » nous ont présenté un ensemble de 2000 pièces du XVIIIème siècle à nos jours de quatre collectionneurs privés particulièrement bien mis en valeur dans un espace muséographique original composé de vitrines agrémentées de textes biographiques sur les santonniers dont des Meilleurs Ouvriers de France : Marcel Carbonel, Emilie Puccinelli, Robert Canut, Alice Bertozzi, Thierry Demier, Mamie Martin, Evelyne Ricord, Pierre Graille, Simone Jouglas, Lise Berger, René Pesante… et Liliane Guiomar et Roger Jouve M.O.F. argile et habillé ! Le créateur du santon d’argile est le marseillais Jean-Louis Lagnel (1764-1822).

Emerveillés, nous n’avions pas assez de deux yeux pour admirer toutes ces petites figurines naïves très colorées, œuvres d’art populaire, dont de nombreuses pièces uniques de ces « fleurs d’hiver ».
Dans la cour intérieure (partie de l’antique couvent des Cordeliers), Henri Vezolles a expliqué la fabrication du santon provençal et fabriqué une figurine illustrant ces quelques mots de Marcel Provence, historien et défenseur du patrimoine provençal : « Fabriquer un santon, c’est jouer à Dieu le Père et, comme lui, tirer de l’argile un homme ».

On dénombre quelque 250 santonniers dans la région Sud.

Ensuite, nous avons cheminé le long de l’amphithéâtre et du théâtre romains pour se rendre au restaurant « La bohème » dans une demeure du XVIIIème siècle, ancienne cave de rez-de-chaussée et maison close comme le rappelle la rampe phallique en fer forgé de l’escalier de l’immeuble.

Troisième et dernière découverte de la journée : les cryptoportiques d’Arles datant du 1er siècle avant Jésus-Christ dont l’accès se situe dans le hall de l’Hôtel de Ville sous la conduite de notre guide Alice.

Ils ont été découverts lors de la construction de l’Hôtel de Ville au XVIIème siècle et ouverts à la visite depuis plus de cinquante ans. Propriété de la ville d’Arles, ils ont été classés Monument Historique en 1841 et inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco en 1981. Ils forment le soubassement du forum, place publique centrale de la ville romaine. Ils comprennent de trois sections en U à deux nefs, soutenues par des piliers construits en grand appareil. Ces galeries souterraines voûtées de 90 mètres au nord avec des boutiques et au sud sont raccordées par une galerie de 60 mètres à l’ouest. Elles sont éclairées par des soupiraux.
L’ensemble est impressionnant et prouve que les Romains étaient de grands bâtisseurs. C’est un ouvrage admirable. L’exemple d’Arles est unique par sa grandeur et sa conservation.
Deux autres cryptoportiques existent à Bavay dans le Nord et à Reims ainsi qu’en Italie.
C’est ainsi que s’est achevée l’année 2019 de l’association Mémoire pour le plus grand bonheur des adhérents qui se sont quittés en se donnant rendez-vous pour l’assemblée générale mi-janvier avant de partir à la découverte d’autres coups de cœur.

Quelques images en souvenir :

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