les sapeurs-pompiers d’Avignon

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1818-2018: 200 ans se sont écoulés depuis la création de la première caserne de sapeurs-pompiers d’Avignon. Les antiques pompes à bras exposées dans le hall d’accueil du Centre de Secours actuel nous rappellent l’ancienneté de cette institution, qui fêtera donc son bicentenaire du 15 au 30 juin. En attendant, nous bénéficions ce jeudi 24 mai d’une visite exceptionnelle de ces installations, sous la houlette du commandant Santamaria et de ses adjoints.

Ce privilège est le fruit d’un travail de collaboration entre notre association et le service de documentation du Centre de Secours, avec à la clé la réalisation d’un diaporama qui nous est présenté en avant-première! Bravo entre autres à Michel et Mélanie, qui ont puisé dans la mémoire de cette institution pour en restituer les principales mutations.
La première « caserne » (communale à cette époque) était établie dans l’actuel Hôtel des Monnaies, et accueillait en fait les fameuses pompes à bras. Elle déménagera Place de Jérusalem, pour s’établir ensuite rue de la Carreterie, où la ville acquiert un immeuble en 1895. L’installation à Fontcouverte date de 1981, et le commandant Santamaria nous apprend qu’il s’agissait alors d’une des plus grandes casernes d’Europe! Pour lui, la date la plus marquante de cette évolution reste l’année 1996, qui voit toutes les casernes passer du statut communal au statut départemental, sous l’autorité des préfets.

Aujourd’hui, le Centre de Secours Principal d’Avignon, c’est bien sûr une caserne, avec ses locaux de stockage et d’entretien du matériel, son service de restauration, son centre de formation, son foyer de détente, ses installations sportives, mais c’est aussi et surtout un centre opérationnel qui centralise tous les appels d’urgence du Vaucluse (15, 18, 112) et organise la totalité des secours. Et c’est sous nos yeux, et en direct, que nous voyons se mettre en oeuvre cette machinerie complexe, entre écrans d’ordinateurs, appels aux haut-parleurs, démarrage des véhicules, tout cela dans une ambiance étrangement sereine, avec la sûreté de gestes que confèrent l’expérience et le professionnalisme. Et le commandant Santamaria de rappeler que la trentaine de pompiers présents en permanence sur le site assurent près de 40 interventions par jour. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il s’agit dans plus de 80% des cas de secours à la personne, et non de sorties liées au feu.
En ce qui concerne Avignon et le Vaucluse, le premier risque naturel reste l’inondation. Toutes ces données expliquent la complexité croissante du métier, et sa nécessaire adaptation en terme de formation et de spécialisation des agents.

Visite très instructive donc, ponctuée de beaucoup de questions individuelles, car les sapeurs-pompiers sont toujours liés à des moments forts de notre vécu, plus ou moins dramatiques selon les cas. Le bicentenaire de la caserne d’Avignon est ainsi une bonne occasion de rendre hommage au dévouement de ces hommes et de ces femmes qui assurent notre sécurité au quotidien.

 

Salon-de-Provence

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Impossible de rater notre rendez-vous du jour dans cette petite rue de Salon-de-Provence: la haute cheminée de brique, aujourd’hui désaffectée,  est toujours debout, et le fronton annonce la couleur au-dessus du portail:  « Savonnerie Marius Fabre 1900 ». Si le bâtiment, qui fleure bon l’architecture industrielle du XIXe, est assez vaste pour accueillir aujourd’hui savonnerie, boutique et musée, le jeune Marius Fabre ne disposait en 1900 au fond de son jardin que d’un simple hangar pour lancer son entreprise. Il faudra attendre 1927 pour que, prospérité aidant, Marius Fabre acquière les locaux actuels, une ancienne fabrique. Quatre générations plus tard, la savonnerie reste une entreprise familiale, qui revendique haut et fort le privilège de fabriquer (avec 3 autres entreprises marseillaises) l’authentique savon de Marseille. Il revient donc à Magali, notre guide, de lever le voile sur ce paradoxe d’un savon dit « de Marseille », mais fabriqué à Salon-de-Provence! Petit retour en arrière: fin XIXe, la savonnerie est en plein essor en Provence. On y trouve en abondance les produits nécessaires à la saponification : l’huile d’olive, le sel et la soude de Camargue.

 

D’autres huiles végétales comme l’huile de palme et de coprah issues de l’empire colonial sont acheminées jusqu’à Marseille, qui voit logiquement se multiplier les savonneries. Salon-de-Provence bénéficie de cette révolution des transports, avec l’arrivée du chemin de fer en 1873. Au début du XXe, ce qui liait ces multiples savonneries dispersées en Provence, c’était donc à la fois l’usage d’huiles naturelles (à l’exclusion de tout autre colorant, parfum et conservateur chimique), ainsi qu’une technique de cuisson en chaudrons. Et c’est cette tradition que la savonnerie Fabre s’efforce de  perpétuer, comme le montrent Magali et Jean-Pierre, maître-savonnier, lors de la visite des ateliers de fabrication.

 

Pour réussir un bon savon de Marseille: mélanger les huiles végétales jusqu’à obtenir une pâte. Ajouter du sel marin pour la débarrasser de la soude, puis la cuire pendant 10 jours à 100/120° au chaudron (compter quand même jusqu’à 50 tonnes le grand chaudron…). Goutter pour rectifier éventuellement l’assaisonnement (si si). Laver à grande eau pour éliminer les impuretés. Verser le savon liquide dans de grands bacs rectangulaires (les « mises »), puis découper en pains de 35 kg. Redécouper en unités plus petites, et marquer les cubes et savonnettes d’une belle empreinte au tampon.  En gros, même si la cuisson se fait aujourd’hui au gaz et non plus au bois, et si l’alu a remplacé l’acier des chaudrons, les produits et les techniques n’ont pratiquement pas changé depuis un siècle. Après avoir survécu au déclin général des savonneries dans les années 50, la savonnerie Fabre surfe aujourd’hui sur la vague du retour au bio et à l’authentique. Elle s’est associée à 3 autres savonneries marseillaises au sein de l’Union des Professionnels du Savon de Marseille, avec pour objectif la création d’une Indication Géographique Protégée. En fin de parcours, Magali nous invite à faire un petit détour par le musée (c’est la séquence nostalgie, avec tampons de buis, planches à laver et pubs de nos grands-mères), puis nous voilà saisis de la fièvre acheteuse dans la boutique.

Quelques averses plus tard, nous nous engouffrons dans le Café des Arts où Frédérique nous accueille pour le repas du midi. L’équipe est jeune, souriante et efficace, les plats sont goûteux et copieux, et nous quittons avec regret l’ambiance « bistrot » pour affronter de nouveau la pluie. Deuxième étape du jour: la Maison de Nostradamus. Ce musée municipal occupe une partie de la maison où vécut ce médecin « astrophile » de 1547 à 1566, date de sa mort. Une dizaine de tableaux sonorisés tentent de retracer le parcours de cet humaniste, auteur des fameuses « Prophéties » et qui bénéficia de la protection de la reine Catherine de Médicis. Notre visite se termine par un petit bonus: l’ouverture exceptionnelle de la collégiale Saint-Laurent, où furent déposés les restes des ossements de Nostradamus, dispersés lors de la Révolution française. Son épitaphe figure sur le côté d’une chapelle latérale, et c’est finalement un bien modeste hommage à une destinée hors du commun. Reste le mystère de ses fameux quatrains, mais rien ne vous interdit de proposer votre interprétation, d’ici notre prochaine sortie…

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